Nos dernières nouvelles

Prévention des crises et relèvement

Débats citoyens sur les armes légères, la sécurité humaine et le développement en Centrafrique

Les armes légères et la sécurité ont été au centre des discussions en Centrafrique, pendant 4 jours. Du 4 au 7 octobre, la Commission Nationale contre la Prolifération des armes légères et de petit calibre, pour le Désarmement et la Réinsertion (CNPDR), a organisé, avec l’appui du PNUD, des « journées nationales d’information et de débats citoyens sur les armes légères, la sécurité humaine et le développement ».

Ouvertes officiellement par le Président de la République, M. François Bozizé, ces journées ont constitué une plateforme de discussion et d’information sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations de l’Atelier national sur les Armes Légères et de Petit Calibre (ALPC) organisé un an plus tôt (lien vers article « la Centrafrique se penche sur la question des ALPC », site PNUD RCA). En effet, suite au rendez-vous de 2005, les équipes nationales, appuyées par le PNUD à travers l’expertise de son Bureau pour la Prévention des Crises et le Relèvement, ont concrétisé un certain nombre d’avancées :
• Formulation d’un programme de réduction et de contrôle des ALPC, et de micro désarmement communautaire ;
• Finalisation d’un projet de réforme de la législation nationale sur les ALPC, en vue d’une harmonisation ;
• Mise en place, par un décret du 1er septembre 2006, d’une structure nationale de coordination des interventions en matière d’ALPC.

En mettant l’accent sur la sécurité humaine, ces journées étaient l’occasion, pour les nombreux « praticiens » de la prévention des crises en Centrafrique, d’intégrer cette notion fondamentale. Le concept place l’individu et ses préoccupations économiques, alimentaires, sanitaires, environnementales, ou physiques, au cœur du débat sécuritaire. Les participants ont convenu qu’une prise en compte exhaustive et durable de ces besoins des communautés est indispensable pour garantir durablement la paix et la stabilité.

Exposés, séances plénières, tables rondes et lancement d’un jeu-concours, ont constitué l’essentiel des moments forts de ces journées.

Progrès réalisés depuis l’Atelier national sur les ALPC

Sous la présidence de Mme Léa Koyassoum Doumta, Conseillère Spéciale du Premier Ministre, assistée de M. M’Peco, Coordonnateur Adjoint de la CNPDR, les échanges relatifs au suivi de l’atelier national sur les armes légères et de petit calibre de 2005, ont emmené les participants à mieux comprendre le Programme d’Action des Nations Unies mis en place pour prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects.

Une restitution faite par la délégation centrafricaine à la conférence de Revue du Programme d’Action à New York (juin 2006) a permis la compréhension des mécanismes de contrôle au niveau international, notamment ceux relatifs à la lutte contre le commerce illicite des armes légères, au partage d’information et à l’harmonisation des actions dans la lutte contre l’insécurité ; l’implication de la société civile dans le renforcement de la démocratie, la sécurité et la bonne gouvernance.

Le Conseiller en Prévention des Crises du PNUD, M. Fabrice Boussalem, a mis en exergue la contribution des projets PRAC (Projet de Réinsertion des ex-combattants et d’Appui aux Communautés), PSPD (Projet de Sécurité Pour le Développement), PRASEJ (Programme d’Appui à la Sécurité Juridique pour le développement, au Système Judiciaire et aux droits humains) et le Projet de contrôle et réduction des armes légères, qui permettent la prise en compte des dimensions Pauvreté, Désarmement, Réinsertion sociale, Justice, Droits de l’Homme et Gouvernance.

Sécurisation des populations et des communautés pour un développement humain

La sécurité des populations et communautés a été débattue au cours d’une 1ère table ronde dont le thème était le « renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité nationales dans la lutte contre la prolifération des ALPC : une nécessité absolue. » Présidée par le Directeur Adjoint du Cabinet du Président de la République, M. Roger Langue-Zoumada, assisté du Commissaire Colonel Guillaume Lapo, cette table ronde a donné lieu à 4 communications : L’une sur la cartographie de l’origine de l’insécurité due à la prolifération des armes légères et aux coupeurs de route, la 2ème sur les autorisations d’importation, de détention et de ports d’armes et munitions, la 3ème sur les réalités de terrain en matière de réglementation des armes et de sécurisation des poudrières, et enfin la dernière communication a touché aux rapports quotidiens entre les Forces de Défense et de Sécurité et les populations.

Le projet de Code de Justice Militaire et les implications du concept de « défense globale » ont fait l’objet de la 2ème table ronde.

Approche de la sécurité humaine au quotidien

Sous ce thème générique, la 3ème table ronde a conduit les participants à débattre des principales conséquences de la prolifération illicite des ALPC. Des témoignages concrets ont illustré les impacts sociaux des ALPC, notamment sur les femmes, les enfants, la population rurale et le transport des personnes et des biens.

Une rencontre avec la Communauté internationale, facilitée par le Représentant Résident Adjoint du PNUD, M. Amadou Maïga, a été le point de départ à la mise en place d’un groupe de contact et de suivi sur les armes légères.

Mobilisation sociale globale pour la lutte contre la prolifération des ALPC et adoption d’un Pacte national

Pour impliquer davantage les populations dans la lutte contre la prolifération des ALPC, une journée entière a été consacrée à la définition des bases d’une stratégie de mobilisation globale et au lancement d’une vaste campagne de sensibilisation.

Avec la collaboration du service d’information du SEESAC (Programme de Contrôle des ALPC en Europe du Sud Est), la projection d’un documentaire sur les méfaits des armes légères et illicites, a servi d’introduction à cette dernière thématique, en mettant en évidence l’importance du civisme dans la maîtrise de la prolifération des ALPC et le rôle des relais d’information dans la sensibilisation, pour un changement de comportement de la population et une mobilisation globale.

La stratégie de mobilisation sociale globale identifiée, vise la promotion d’un changement de comportement face à la culture de la violence, en vue de parvenir aux objectifs de contrôle et de réduction des ALPC. Les échanges ont insisté sur le caractère éminemment participatif de la sensibilisation.

A l’issue de ces 4 journées d’information et de débats citoyens, une campagne de sensibilisation sur les méfaits des armes à feu a été lancée, avec le démarrage d’un jeu-concours sur les méfaits des ALPC et le rôle du citoyen centrafricain dans leur maîtrise. La cérémonie de lancement de ce concours était placée sous la coprésidence du Premier Ministre et du 2ème Vice-président de l’Assemblée Nationale. Ouvert à la population en général, et aux parlementaires, journalistes, maires et élèves en particulier, ce jeu-concours devra permettre à toutes les composantes de la population centrafricaine de participer à la réflexion sur les méfaits des ALPC.

Contact :

Conseiller en Prévention des crises et relèvement: fabrice.boussalem@undp.org

Chargée d’appui au renforcement des capacités de prévention des crises de la Commission nationale ALPC: adama-dian.barry@undp.org

Webmaster : ousmane.abakar@undp.org

Date de mise à jour :9 octobre 2006