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Lancement du Rapport Mondial sur le Développement Humain 2006

 De l’eau potable pour à peine 28 % des Centrafricains

Officiellement lancé au Cap, en Afrique du Sud, le 9 novembre 2006, le Rapport Mondial sur le Développement Humain 2006 –intitulé « Au-delà de la pénurie : Pouvoir, pauvreté et crise mondiale de l’eau »– a été présenté en Centrafrique le 21 novembre 2006, sous la co-présidence du Premier Ministre, M. Elie Doté, et du Représentant Résident du PNUD, M. Toby Lanzer, en présence des membres du Gouvernement. Quelques représentants du corps diplomatique, les agences du Système des Nations Unies, les ONG, les cadres des départements ministériels concernés par le thème du Rapport et d’autres personnalités intéressées, de même que les médias, ont assisté à la projection du film de lancement du Rapport au niveau mondial et à la présentation officielle du Rapport, suivie d’un débat sur la problématique de l’eau en Centrafrique. Après avoir occupé la 172 ème place dans le Rapport de 2005 (et la 166 ème place en 2000), la RCA a perdu 1 point en 2006 en passant au 171 ème rang sur 177 pays classés.

L’eau, fondement de la vie et du bien-être humain

Comme l’a rappelé le Premier Ministre, dans son discours, « l’accès à l’eau sur une base durable et sécurisante est le fondement de la vie et du bien-être humain. De même, l’assainissement est un facteur important pour l’amélioration des conditions de santé et de vie des citoyens. » La République Centrafricaine, qui bénéficie d’une réserve renouvelable en eau estimée à 74,5 milliards de mètres cubes par an, pour une population de 3,9 millions d’habitants, aurait dû assurer un approvisionnement en eau potable à tous les Centrafricains. Malheureusement, à peine 28 % de sa population, en moyenne, a accès à l’eau potable. Quant à l’assainissement, seuls 13 % des ménages disposent d’installations sanitaires hygiéniques et acceptables.

Pour pallier à ces carences, le Premier Ministre a affirmé que le pays devrait obtenir un financement estimé à 87 milliards de FCFA pour arriver à un taux de desserte en eau potable de 66 % en milieu urbain et 62 % en milieu rural, et assurer l’accès à un système d’assainissement de base à au moins 60 % de la population. Le Gouvernement a entrepris un certain nombre d’actions dans ce sens, notamment les travaux de finalisation du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté qui prend en compte la problématique de l’eau et de l’assainissement.

Le Représentant du PNUD s’est appesanti sur les principaux messages du Rapport mondial, insistant sur i) l’urgence d’arrêter la crise de l’eau et de l’assainissement, ii) les droits fondamentaux, iii) la fracture de l’eau entre riches et pauvres qui met en danger la santé publique, iv) la fracture de l’assainissement qui affecte la survie infantile, et v) la pénurie d’eau alors que la planète ne manque pas de réserves en eau. L’eau est synonyme de pouvoir, entraînant ainsi des rapports de force qui déterminent qui a accès à l’eau et dans quelles conditions. Enfin, la gestion des eaux transfrontalières, comme ressource capable d’alimenter des conflits ou de servir de vecteur de coopération a été abordée. M. Lanzer a terminé en annonçant l’élaboration en cours d’un rapport sur la situation de l’eau et de l’assainissement en Centrafrique, avec un accent sur les options stratégiques pour la réalisation des OMD.

Débat sur la problématique de l’eau en Centrafrique

Les techniciens des Ministères des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique, de la Santé Publique et de la Population, des Eaux, Forêts, Chasses et Pèches, chargé de l’Environnement, ainsi que les deux Consultants engagés dans l’élaboration du rapport sur l’eau en Centrafrique, ont participé aux débats qui ont suivi la présentation du Rapport Mondial, faisant chacun part de leurs expériences. Le Directeur Général de l’Hydraulique, M. Sylvain Guebanda, et les Consultants, M. Pierre Alfred Lebaramo et Mme Simone Bodemo, ont servi de facilitateurs à ces débats divisés en 3 thèmes : « La crise de l’eau, un frein au développement humain en Centrafrique », « L’eau et l’assainissement, source d’inégalités des sexes en Centrafrique », et « L’eau, ressource stratégique partagée. »

Les participants à ces débats, composés à la fois de ces techniciens, des représentants de la société civile et des médias, ont regretté les inégalités criantes dans la desserte de l’eau potable en Centrafrique. Les préfectures les mieux desservies sont celles où sont (ou ont été) installés des projets financés par les partenaires au développement, à savoir l’Ouham, l’Ouham-Pendé, la Nana Grébizi, la Kémo, la Ouaka et l’Ombella-Mpoko. Les ménages qui n’ont pas accès à l’eau potable, en milieu rural comme en milieu urbain, s’approvisionnent auprès des puits d’eau traditionnels pour leurs besoins (lessive, toilette corporelle, boisson) ou des kiosques de bornes fontaines.

Le faible accès des populations à l’eau potable a un impact négatif sur la santé. Les données statistiques sanitaires de 2005 démontrent que les maladies diarrhéiques et parasitaires sont la 2 ème cause de morbidité en Centrafrique.

Briefing avec les journalistes

Les journalistes, principaux canaux d’information, ont largement été associés à la présentation du Rapport mondial. La veille de l’événement, ils ont été invités à un briefing donné par le PNUD au cours duquel le Facilitateur de la Communauté de Pratique Energie/Environnment, M. Maxime Mbringa-Takama, leur a présenté les grandes lignes du rapport et la situation de l’eau et de l’assainissement en Centrafrique.

Les échanges ont amené les journalistes à s’interroger sur le risque de crise de l’eau, la répartition inégale de l’eau, la coopération en matière d’eau, la gestion de l’eau et les mécanismes d’alerte. M. Mbringa-Takama a souligné le paradoxe de la crise de l’eau en RCA, où il y a suffisamment d’eau mais un accès limité aux populations.

La situation de la RCA en tant que pays post-conflit ayant subi une crise profonde, a été évoquée et présentée. Il a été indiqué l’absence de vision stratégique en matière de la fourniture et de la protection des ressources, ce qui constitue des blocages majeurs à une bonne gestion de l’eau. Néanmoins, tous les participants ont admis que le miracle ne pourra pas se produire du jour au lendemain et qu’il faut que la RCA se projette dans l’avenir, avec une vision claire, des méthodes, procédures et outils de transparence qui lui permettront d’avancer.

Contact :  

Economiste Principal :gilbert.aho@undp.org

Facilitateur de la Communauté de Pratique Energie/Environnement

maxime.mbringa-takama@undp.org

Webmaster : ousmane.abakar@undp.org

Date de mise à jour :13 novembre 2006