6 Réduire l’extrême pauvreté et la faim

Où en sommes-nous ?


Culture du riz. © PNUD/DR.

La République Centrafricaine a élaboré pour la première fois en 2007 son profil de pauvreté à partir des données de l’enquête réalisée en 2003 auprès des ménages. Il ressortait que 67% de la population vivait dans la pauvreté en cette année-là.

En 2009, l’enquête centrafricaine pour le suivi et l’évaluation du bien-être (ECASEB) révèle que 62% des individus vivent en dessous du seuil de pauvreté (données de 2008), ce qui correspond à une population de 2,6 millions de personnes sur un total de 4 200 000 habitants estimés en 2008.

Comme le montre le graphique ci-dessous, les performances en matière de lutte contre la pauvreté ont été très faibles. La baisse de la pente à partir de 2003 n’est qu’apparente car en 2008 on est revenu au niveau de 1992. Les tendances montrent que l’OMD ne sera pas atteint en 2015.

En milieu urbain, près de la moitié des personnes sont pauvres (49,6%) et en milieu rural, ce taux est évalué à 69,4% soit un peu plus de deux tiers des personnes du monde rural. La dimension régionale de la pauvreté laisse apparaître des disparités avec des taux très élevés dans les régions 3, 4 et 6 où ils avoisinent respectivement 78%, 71% et 66%.

Il convient de relever que dans un cadre microéconomique, la pauvreté frappe beaucoup plus de ménages de taille moyenne dont les chefs ont un faible niveau d’instruction (70 à 74%) et ont comme activité principale l’exploitation agricole (72%).

La distance moyenne au seuil de pauvreté national (profondeur de la pauvreté) est de 33,1% avec une intensité de la pauvreté de près de 53,4%. Cette profondeur de la pauvreté correspond à un déficit moyen de 138 000 F CFA par équivalent-adulte à allouer à un ménage pauvre pour sortir de sa situation. Ainsi, s’il fallait éradiquer la pauvreté en 2008, il aurait fallu transférer aux pauvres environ 361 milliards de F CFA. Ce chiffre est purement indicatif, néanmoins il met en lumière l’effort à faire pour éradiquer la pauvreté quand on sait qu’il représente de l’ordre de la moitié du PIB du pays.


Graphique : Proportion de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté

1.17 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour
    • La crise économique mondiale a entraîné un ralentissement des progrès, mais le monde reste en passe d’atteindre la cible relative à la réduction de la pauvreté.
    • Avant la crise, la pauvreté avait diminué en gravité dans presque toutes les régions.
  2. Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif
    • La détérioration du marché du travail, déclenchée par la crise économique, a entraîné une baisse brutale de l’emploi.
    • Avec la perte d’emplois, un nombre croissant de travailleurs est obligé d’accepter des emplois précaires.
    • Depuis la crise économique, un nombre croissant de travailleurs se retrouvent dans une pauvreté extrême avec leurs familles.
  3. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim
    • La faim est peut-être remontée en flèche en 2009, l’une des terribles conséquences des crises alimentaire et financière mondiales.
    • Les progrès en vue d’éradiquer la faim patinent dans la plupart des régions.
    • En dépit de certains progrès, un enfant sur quatre souffre encore d’insuffisance pondérale dans le monde en développement.
    • Les enfants des zones rurales ont deux fois plus de chances de souffrir d’insuffi sance pondérale.
    • Dans certaines régions, la prévalence des enfants souffrant d’insuffisance pondérale est nettement plus élevée chez les pauvres.
    • Plus de 42 millions de personnes ont été déracinées par les conflits ou les persécutions.