Une vingtaine de parajuristes formés par le PNUD avec l’appui financier de la Coopération française

13 sept. 2012

fileRemise de la mallette du parajuriste a une participante. Photo PNUD-RCA/Christian Ndotah.

Dans le cadre de leur appui aux associations de la société civile, le PNUD et la Coopération française ont organisé du 3 au 12 septembre 2012 une formation initiale de 26 para-juristes en vue d’accentuer l’éducation juridique des populations. L’objectif de cette formation est de doter  les 26 membres d’associations locales de capacités d’écoute et juridiques suffisantes pour leur permettre de conseiller, d’orienter et d’accompagner les populations vulnérables et faciliter le règlement amiable des litiges mineurs.

S’agissant d’une formation initiale, les para juristes ont appris les notions de droit, les techniques d’écoute et d’entretien, l’élaboration des rapports. Il s’agissait aussi et surtout de fixer les missions et le rôle du para juriste afin d’éviter les incompréhensions, les confusions et éviter l’usurpation ou l’abus des pouvoirs.

La Directrice Pays du PNUD, Mme Anne-Marie Cluckers a rappelé à l’ouverture des travaux que les para juristes ne sont ni des juristes ni des avocats. Ils sont des personnes issues de la communauté et membres d’une association de défense des droits de l’homme. « Ils peuvent être détenteurs d’un diplôme scolaire ou  universitaire autre qu’un diplôme de droit ; ils peuvent être enseignants,  religieux, notables, etc. L’essentiel est qu’ils sachent lire et écrire, qu’ils soient de bonne moralité et inspirent confiance et qu’ils soient capables de donner des conseils juridiques, d’écouter, d’éduquer et de sensibiliser les populations dans leurs communautés », a-t-elle poursuivi.

Ainsi, un para juriste est un agent communautaire, un citoyen non professionnel du droit qui est formé sur les notions fondamentales du droit, les nouvelles questions juridiques et des règles de droit et qui doit être capable de donner les conseils juridiques de première ligne aux populations et de les orienter vers l’instance compétente pour résoudre leur problème en dernier ressort.

En définitive, sans se substituer aux professionnels du droit que sont les magistrats, les greffiers, les notaires et les avocats, les para juristes auront pour rôle :

  • de mettre en œuvre des programmes éducatifs destinés à sensibiliser les personnes défavorisées à la connaissance de leurs droits et au moyen de les protéger ;
  • de les aider à accéder aux services de l’administration et de la justice pour faire valoir leurs droits et exiger leur protection,
  • de réunir les éléments du dossier et les preuves pour une action en justice ;
  • d’accompagner les victimes des violences sexuelles et agressions physiques pour l’obtention des preuves médicolégales et les actes administratifs ;
  • d’écouter, consulter et fournir des conseils et une aide pour résoudre pacifiquement les problèmes juridiques mineurs ;
  • de conduire des investigations préliminaires dans des affaires destinées à être transmises à un avocat ;
  • d’élaborer des rapports et notes explicatives pour chaque dossier ;
  • de mettre à jour les registres de consultation et les statistiques de son bureau ;
  • de faire un rapport mensuel sur les activités du bureau et des rapports circonstanciés sur les affaires dont il a eu à connaitre etc. ;
  • rapprocher les populations du droit et des services de la police judiciaire et de l’administration.

Ils pourront utiliser les Maisons du Droit construites par le PNUD dans les localités de Bossangoa, Kaga Bandoro, Sibut et Bozoum pour exercer leurs activités. Ces Maisons du droit et du Citoyen sont en attente de la reconnaissance officielle de leur statut par le ministère en charge de la justice.

A la clôture de la formation, chaque participant a reçu un une mallette contenant des outils pour les para juristes (formulaire, registre et guide) et quelques instruments juridiques (code de la famille, Code du travail, code pénal et code de procédure pénale, loi Bangayassi).