Les déplacées internes de Paoua reçoivent la visite de la Coordonnatrice humanitaire

27 sept. 2013

imageUne déplacée interne avecson un nourrisson dans les bras. Photo : PNUD-RCA/Christian Ndotah

Des femmes, des enfants et quelques hommes ont trouvé refuge dans la ville de Paoua au Nord du pays. Ils fuient les exactions et violences perpétrées par les ex. rebelles de la Séléka. « Ils sont venus chez nous et ont tué mon mari et brûlé tous nos biens. Je n’ai plus rien, ni habits, ni ustensiles de cuisine, rien. » témoigne  une jeune femme. Une autre femme plus âgée présente dans ces bras un nourrisson né quelques jours plutôt et dont la mère est décédée. L’enfant a besoin de nourriture et de médicament.

Ils sont nombreux, 2.000 selon la municipalité, regroupés dans une salle de classe appartenant à une église. Certains ont trouvé des familles d’accueil dans la ville d’autres dorment à la belle étoile. Tous racontent la même histoire, les mêmes faits. Ils disent avoir vécu des moments tragiques d’abord dans leur village mais également dans la brousse ou ils s’étaient refugiés dans un premier temps. Ils ont été pourchassés  par les hommes en armes et contraints de trouver un second refuge dans le centre-ville de Paoua ou se trouve un détachement de 300 militaires camerounais de la Force multinationale de l’Afrique Centrale (FOMAC).

Mme Kaarina Immonen a rencontré le Commandant en chef de ce détachement qui a reconnu que des exactions contre les populations ont été dénombrées et les habitants se déplacent par peur. Il a souligné que ses hommes patrouilles désormais régulièrement dans la ville et dans un rayon de 35 a 40 kilomètres et ont pu constater la désolation dans certains villages totalement désert ou ne vivent que quelques vieillards trop âgés pour fuir les exactions. La présence visible de la FOMAC a ramené une certaine quiétude au sein des communautés malgré « un calme précaire ».

Le Commandant ex.Seleka de la zone a déclaré qu’il travaillait à la sécurisation de la localité dans le sens du retour de la paix dans la ville. Des confrontations avec des bandes armées non identifiées l’obligent dit-il à garder une vigilance permanente. En effet, des accrochages ont eu lieu dans les environs de Paoua et sont menés par des populations qui veulent se défendre des exactions.

Avec, M.Ali Ansani, Premier Vice President de la Mairie de la ville de Paoua, Mme Immonen a écouté un aperçu de la situation sociale et économique de la ville. Il évoque les difficultés de cohabitations avec les ex. rebelles et les rencontre initiés avec les notables et les responsables des confessions religieuses pour préserver la cohésion sociale. Il évoque l’organisation du baccalauréat avec le succès de quelques candidats, mais déplore les risques de famines consécutives à l’absence de récolte mais aussi l’occupation des champs par les éleveurs de bovins. Il réclame des semences mais aussi les besoins de premières nécessité (nourriture, natte, moustiquaire, habits, etc.).

La visite de Mme Immonen permet de réaffirmer le soutien de la communauté internationale en générale et celui des agences du système des nations unies et ONG internationales en faveur des populations centrafricaines qui vivent dans la détresse. «  Nous ne vous oublions pas et nous sommes la pour le prouver » a déclaré Kaarina Immonen.

Une équipe d’OCHA, UNICEF, PAM, PNUD et des Organisations non gouvernementales (IRC, COOPI et MSF France) s’attellent à répondre aux besoins des populations avec la distribution des premières aides humanitaires aux populations. Elle entend poursuivre le plaidoyer auprès des bailleurs et des personnes de bonne volonté afin d’apporter une assistance accrue au peuple centrafricain.

Contact/Information

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Christian Aimé NDOTAH, Chargé de communication
Programme des Nations Unies pour Développement (PNUD)
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