L'insécurité entrave les efforts de l'ONU auprès de 2,2 millions de déplacés en RCA

06 janv. 2014

imageA Bangui, la capitale de la République centrafricaine, des personnes déplacées se sont réfugiées dans l'église inachevée de la paroisse St. Paul, après des affrontements. Photo: HCR/B. Ntwari

Alors que près d'un million de civils ont été chassés de leurs foyers par le conflit en République centrafricaine (RCA) et 2,2 millions d'autres – soit environ la moitié de la population – ont besoin d'aide humanitaire, l'insécurité dans le pays et le manque de financement et d'accès entravent les efforts de l'ONU et de ses partenaires pour prêter assistance.

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a dressé lundi un tableau pessimiste de la situation en RCA, où les violences qui durent depuis un an ont désormais pris une coloration interconfessionnelle, opposant milices musulmanes et chrétiennes dans de sanglantes représailles.

Depuis le 24 décembre dernier, le nombre de déplacés a augmenté de 40% dans la capitale Bangui, où se trouve concentrée la moitié du nombre total de personnes déracinées dans le pays, dont 100.000 rien qu'à l'aéroport international.

L'insécurité sur place rend difficile de fournir des services de base, notamment d'y poursuivre une indispensable campagne nationale de vaccination qui a débuté le 3 janvier, affirme l'OCHA.
En dépit de ces difficultés, les agences des Nations Unies et les partenaires humanitaires parviennent auprès des nécessiteux. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi fourni plus de 1,7 tonne de vivres à près de 250.000 personnes en décembre. Mais les stocks disponibles seront épuisés à hauteur de 90% en février en raison d'un manque de financement.

Parallèlement, les partenaires dans le domaine de la santé fournissent des soins aux malnutris dans six camps de Bangui. Les organisations humanitaires ont également distribué du savon, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des moustiquaires à des centaines de familles à travers tout le pays.

La Centrafrique est dans la tourmente depuis que les rebelles de l'ex-Séléka, des musulmans pour l'essentiel, ont lancé une offensive il y a un an, contraignant le Président François Bozizé à quitter le pouvoir en mars. Un gouvernement de transition a permis dans un premier temps de rétablir un semblant de paix, ouvrant la voie à la tenue de futures élections démocratiques. Mais le mouvement majoritairement chrétien des anti-balaka a pris les armes et des affrontements interconfessionnels ont éclaté à Bangui début décembre.