Les Forces de sécurité intérieure formées à investiguer sur les violences sexuelles

10 nov. 2016

32 membres de l'UMIRR, dont 13 femmes, participent à la formation © UNDP RCA/2016

Le Programme des Nations Unies pour le développement, avec la MINUSCA et ONU Femmes, a commencé aujourd'hui une formation des cadres de la Police et de la Gendarmerie en Centrafrique sur les techniques d'enquête et d'audition en matière de violences basées sur le genre et de violences sexuelles. Ces éléments des Forces de sécurité intérieure seront détachés à l'Unité Mixte d'Intervention Rapide et de Répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR).

La crise qui a frappé la République Centrafricaine depuis 2012 a été accompagnée par de nombreuses violations des droits humains, notamment des violences sexuelles dont les femmes et les enfants ont été les principales victimes.

Selon les dernières estimations datant de décembre 2015, il y a eu en Centrafrique plus 60 000 cas de violences basées sur le genre depuis le début de la crise. Les viols et les agressions sexuelles en représentent respectivement 21% et 29%.

Pour pallier ce fléau, les autorités centrafricaines se sont engagées à mettre en place une politique de tolérance zéro face aux violences sexuelles liées au conflit. C’est ainsi qu’un décret présidentiel portant création de l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des Violences Sexuelles faites aux Femmes et aux Enfants (UMIRR), a été édicté le 8 janvier 2015. L’Unité, composée  de 29 officiers et sous-officiers de la Police et de la Gendarmerie (dont 10 femmes), a une compétence sur l’ensemble du territoire national.

Les Nations Unies se sont engagées aux côtés du Gouvernement Centrafricain via le programme conjoint d’Appui à la lutte contre les violations des droits de l’homme et à la relance de la justice en Centrafrique, pour renforcer les capacités de l’UMIRR  et traduire devant la justice les auteurs de violences sexuelles, notamment sur les femmes et les enfants.

Cet appui se traduira par le soutien à un pool d’officiers de police judiciaire spécialisés dans les violences faites aux femmes et aux enfants et les violences sexuelles en général.  Il permettra également de mettre en place un cadre approprié pour des interventions rapides et les enquêtes et les auditions, tout en améliorant la protection et la prise en charge des victimes par une approche pluridisciplinaire.

Fruit d’un partenariat avec le Ministère de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire et du Ministère de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé de la Réforme Judiciaire et des Droits de l’Homme, la formation s'étalera sur 15 jours et durera jusqu’au 25 novembre 2016.

En plus des 29 policiers et gendarmes, deux personnes du personnel médical et deux agents sociaux participent également à la formation. Ce qui porte le nombre total des bénéficiaires à 32 dont 13 femmes.

Contact

Christine Meta Mpinda; Expert Violences sexuelles liées au conflit; tél. +236 72 47 40 76 /70 15 00 87