Discours
du Représentant Résident du PNUD
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Lancement du RMDH 2005
DISCOURS
DU REPRESENTANT RESIDENT DU PNUD
Stan NKWAIN |
Monsieur le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération
Internationale,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ambassadeurs et représentants des Organisations
Internationales,
Chers Collègues du Système des Nations Unies,
Mesdames et Messieurs,
J’aimerais tout d'abord vous adresser mes plus vifs remerciements
pour avoir répondu à notre invitation à cette
cérémonie, très simple, de lancement du Rapport
Mondial sur le Développement Humain (RMDH), version 2005.
Comme vous le savez, le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) publie chaque année et ce, depuis 1990, un Rapport Mondial
sur le Développement Humain (RMDH) qui, au fil des années,
est devenu l’un des principaux outils de plaidoyer du PNUD en
faveur de l’éradication de la pauvreté dans le
monde.
L’objet de ces Rapports annuels est double. Il s’agit
d’une part de retracer l'évolution, pour l’ensemble
des pays du monde entier, des indicateurs synthétiques du développement
humain, en particulier l’Indice de Développement Humain
(IDH). Ensuite, d’analyser un thème d’intérêt
particulier se rapportant au concept de développement humain.
Mesdames et Messieurs,
Cette année 2005, le rapport traite de la coopération
internationale. Plus précisément il s’intitule
: « La coopération internationale à la croisée
des chemins : l’aide, le commerce et la sécurité
dans un monde marqué par les inégalités ».
Tout en retraçant l’évolution de l’Indicateur
du Développement Hhumain (IDH), le rapport fait un état
des lieux de la progression vers les OMD et analyse les perspectives
du développement pour les pays.
C’est ainsi que le Rapport Mondial montre que 18 des pays les
plus pauvres du monde, soient 460 millions d’habitants au total,
ont régressé par rapport aux indicateurs de développement
humain depuis 1990. La République Centrafricaine, classée
171ième cette année sur 177 pays, avec un IDH de 0,355
figure parmi ces pays. Au niveau mondial, la Norvège arrive
en tête du classement alors que le Niger se classe au dernier
rang.
« L’indicateur de développement humain montre en
chiffres clairs que de nombreux pays, non seulement ne progressent
pas, mais qu’ils régressent et continueront à
prendre du retard si la communauté internationale n’intervient
pas pour les soutenir à l’aide de ressources supplémentaires
et de nouvelles stratégies. » D’où l’importance
d’un renouveau dans le partenariat international pour accélérer
la progression vers les OMDs. En particulier, le Rapport Mondial plaide
en faveur d’un accroissement de l’aide au développement,
d’une réforme des règles de fonctionnement du
Commerce international et d’un appui spécifique aux pays
en conflits et pour les questions de sécurité à
l’échelle mondial.
Mesdames, Messieurs,
A la fin de cette cérémonie des exemplaires du Rapport
Mondial sur le Développement Humain seront distribués,
et vous aurez tous l’occasion de le lire en profondeur, de réfléchir
sur son contenu, et d’appliquer dans la réalité
les importantes propositions de politique qui y sont contenues. Je
ne vais donc pas vous relire ce rapport ici. Permettez-moi à
l’occasion de ce lancement, de vous en rappeler juste les principaux
messages autour de chacun de ces trois axes de la coopération
internationale:
EN CE QUI CONCERNE LE PREMIER AXE QUI EST CELUI DE L’AIDE
POUR LE 21EME SIECLE
Les messages principaux sont les suivants : L’aide internationale
est une des armes les plus puissantes dans la lutte contre la pauvreté.
Elle est pourtant sous-utilisée et mal ciblée. Il y
a trop peu d’aide et une grande partie de celle qui est fournie
est modérément liée au développement humain.
Restaurer le système de l’aide internationale est l’une
des priorités les plus urgentes à laquelle les gouvernements
sont confrontés à l’aube du compte à rebours
menant à 2015.
L’aide en tant qu’impératif et intérêt
de chacun
La pauvreté mondiale représente une perte massive du
potentiel humain et un obstacle au partage de la prospérité.
Dans un monde étroitement lié aux flux du commerce et
des investissements, la pauvreté d’un pays diminue les
chances de prospérité ailleurs. Pour la population mondiale,
l’aide représente un mécanisme destiné
à exprimer la solidarité humaine et à multiplier
les chances. Que la motivation soit basée sur les droits de
l’homme, sur des valeurs religieuses ou sur des systèmes
éthiques plus larges, le rôle de l’aide dans l’élimination
de la pauvreté de masse, de la faim et de la mort évitable
d’enfants est un impératif moral.
L’aide permet de promouvoir le développement humain à
travers plusieurs canaux possibles, dont notamment :
La réduction des contraintes budgétaires des pays pauvres.
Les estimations du Projet du Millénaire de l’ONU, basées
sur la situation de l’emploi dans cinq pays à revenu
faible, fixent le budget nécessaire pour atteindre les Objectifs
entre 40 et 50 milliards de dollars en 2006. L’augmentation
des recettes fiscales au niveau des différents pays pourrait
– et devrait – combler une partie de ce déficit.
Malheureusement, dans les pays dont le revenu moyen est faible et
où les niveaux de pauvreté sont élevés,
comme c’est le cas pour la RCA, il y a des limites à
ce qui peut être réalisé sur les ressources propres.
Dans ces conditions, l’aide peut soulager ces contraintes en
procurant aux gouvernements de nouvelles ressources pour les investissements.
L’augmentation de la croissance économique. L’aide
permet aux bénéficiaires de stimuler la consommation
et les investissements. Elle crée des opportunités pour
relever progressivement les niveaux de vie au fil du temps par une
croissance plus élevée.
L’amélioration des prestations des services essentiels.
L’aide joue un rôle vital dans le financement des investissements
en matière de santé et d’éducation nécessaires
à construire le capital humain. En Ouganda, l’aide étrangère
a progressé de 5% du PIB entre 1997 et 2001, et les dépenses
de santé par habitant ont triplé depuis 2000, avec près
de la moitié du budget de la santé financé par
les donateurs.
L’encouragement des efforts de reconstruction. Dans les pays
pauvres sortant de la guerre civile, le financement de l’aide
peut créer les conditions pour la paix et le développement
humain.
Comment se sont comportées les tendances de l’aide ?
Aujourd’hui, les budgets de l’aide sont à la hausse
en dépit des graves questions concernant la fiscalité
et la dette publique auxquelles sont confrontés certains pays
donateurs. En effet, en 2002, les apports d’aide ont dépassé
les niveaux de 1990. Des estimations provisoires pour 2004 placent
le montant de l’aide à 78 milliards de dollars, soit
12 milliards de dollars de plus qu’en 2000 en termes réels.
Toutefois, la remontée du volume de l’aide semble moins
encourageante si on utilise d’autres indicateurs de générosité.
Traduite en termes d’aide attribuée par habitant, la
reprise de l’aide après l’année 2000 peut
être considérée en grande partie comme un processus
visant à instaurer des compressions budgétaires. L’aide
par habitant a chuté de 24 dollars en 1990 à 12 dollars
en 1999 en Afrique subsaharienne. Depuis 1990, le revenu par habitant
dans les pays riches a augmenté de 6 070 dollars en prix constants,
alors que l’aide s’élevait juste en dessous du
niveau de 1990.
L’inefficacité de l’Aide.
Les controverses sur l’efficacité de l’aide remontent
à plusieurs décennies. Les critiques objectent que les
arguments en faveur de plus d’aide au développement sont
minés par les effets limités produits par les énormes
montants d’aide déboursés au cours des quatre
dernières décennies. Ces affirmations démontrent
que la compréhension partielle des faits peut aboutir à
des conclusions erronées.
Les assertions sur l’inefficacité de l’aide, basées
sur le bilan historique, se sont avérées approximatives.
Jusqu’à la fin de la Guerre froide, la plus grande partie
de l’aide accordée était au mieux, vaguement liée
aux objectifs de développement humain. Des régimes politiques
violents, corrompus et inefficaces se voyaient accorder la tolérance
bienveillante des bailleurs de fonds, plus intéressés
à la poursuite d’objectifs géopolitiques qu’au
développement.
C’est ce qui se passe actuellement jusqu’à un certain
point : la disproportion entre la surreprésentation des bénéficiaires
préférés en Afrique subsaharienne anglophone
(et le Mozambique et l’Ethiopie), et la sous- représentation
des oubliés de l’Afrique francophone et d’Amérique
latine.
Les problèmes associés à l’aide ne peuvent
pas tous être mis sur le dos des pays donateurs. De nombreux
pays en développement ont inscrit la réduction de la
pauvreté et les OMD au cœur de leurs politiques nationales.
Toutefois, l’échec à transformer les engagements
des OMD en actions efficaces compromet l’efficacité de
l’aide. La faible gouvernance, la corruption et l’échec
à mettre en place des politiques qui soutiennent la croissance
économique ont réduit les bénéfices du
développement humain à des investissements en aide.
Bien que ce rapport traite principalement des donateurs, il montre
qu’une aide efficace ne peut être réalisée
que sur la base d’un partenariat impliquant le partage des responsabilités
et des obligations.
Mais quels que soient les échecs du passé, il existe
désormais de nouvelles opportunités pour réorganiser
l’aide au développement. C’est la première
fois dans l’histoire qu’il y a un consensus international
: l’objectif primordial de l’aide doit être le développement
humain. Ce consensus a été renforcé en mars 2002,
lors de la Conférence internationale sur le financement du
développement à Monterrey, Mexique, où les dirigeants
du monde se sont réunis et engagés pour que l’aide
devienne un des piliers d’un nouveau « partenariat mondial
» visant à réduire la pauvreté.
Certes, le moment n’est pas propice à l’augmentation
des budgets de l’aide, en raison de la détérioration
de la situation fiscale dans tous les pays du G-7 - à l’exception
du Canada - et des taux de chômage élevés.
Sans une augmentation soutenue de l’aide, les OMD ne seront
pas atteints. Si les pays donateurs s’engagent sérieusement
à s’attaquer au problème de la pauvreté
mondiale, à réduire les inégalités et
à assurer un avenir plus sûr et plus prospère
à leurs propres citoyens, ils doivent viser à fournir,
avec détermination, 0.5% de leur revenu national en aide jusqu’en
2010, puis 0.77% jusqu’en 2015. L’augmentation de l’aide
ne garantit pas le développement – et les inquiétudes
quant à la capacité des pays pauvres à absorber
et à déployer cette aide de manière efficace
doivent être prises très au sérieux.
Les pays pauvres ont besoin d’une aide attribuée de manière
prévisible, sans trop de contraintes, et qui minimise le coût
des transactions et optimise les ressources. Ce qu’ils reçoivent
est bien trop souvent une aide imprévisible, assortie d’une
série de conditions, non coordonnée, et liée
à des acquisitions de biens dans les pays donateurs.
DEUXIEME AXE : COMMERCE INTERNATIONAL EN FAVEUR DU DEVELOPPEMENT
HUMAIN
Comme discuté lors de la Conférence de Monterrey, l’Aide
publique et la réduction de la dette ne résoudront pas
à eux seuls les problèmes du financement du développement.
Les exportations revêtent également un caractère
important comme sources de revenus pour les pays. Elles constituent
en outre un moyen de financer les importations des nouvelles technologies
nécessaires à la création de croissance, de productivité
et d’emploi, et à l’amélioration des niveaux
de vies et au maintien de la compétitivité au sein des
marchés mondiaux.
Au cours des vingt-cinq dernières années, le commerce
a été un des plus puissants moteurs de l’intégration
mondiale. Les exportations comptent aujourd’hui pour plus d’un
quart des revenus mondiaux et pour plus d’un tiers des revenus
d’Afrique subsaharienne. L’interdépendance est
le corollaire de l’augmentation des exportations. Cependant,
il faut reconnaître que cette interdépendance présente
une architecture asymétrique : les pays en voie de développement
restent plus dépendants des pays industrialisés pour
les marchés d’exportations, que ne le sont les pays industrialisés,
des pays en voie de développement.
Le développement des échanges commerciaux, considéré
comme catalyseur d’une nouvelle ère de convergence, est
un des mythes majeurs en termes de mondialisation. Selon cet argument,
l’élargissement commercial rétrécit le
fossé existant entre les pays riches et les pays pauvres en
ce qui concerne les revenus, le cercle des pays en développement
bénéficiant par là d’un accès aux
nouvelles technologies et aux nouveaux marchés. Comme beaucoup
de mythes, celui-ci associe éléments de vérité
à une dose d’exagération.
Certes, certains pays rattrapent leur retard grâce au commerce
international, bien que commençant très bas. Mais une
intégration réussie reste l’exception plutôt
que la règle – et le commerce est souvent source d’inégalités
autant que de prospérité au niveau mondial. Pour la
majorité des pays, mondialisation rime avec divergence et marginalisation.
Comme l’a constaté le Rapport Mondial, le commerce, exprimé
en terme de part du PIB, s’est développé –
passant de 40% à 55% depuis 1990- tandis que la part d’exportations
mondiales de l’Afrique subsaharienne (excluant l’Afrique
du Sud) a chuté à 0,3%. A l’heure actuelle, la
part des exportations mondiales de l’Afrique subsaharienne (excluant
l’Afrique du Sud), avec 689 millions d’habitants, représente
moins de la moitié des parts de la Belgique, qui ne compte
que 10 millions d’habitants. Le cas de l’Afrique subsaharienne
démontre très clairement la manière dont les
pertes en termes de parts de marchés sont susceptibles de dépasser
les bénéfices liés aux aides et à l’allègement
de la dette.
L’élément négatif, du point de vue de la
répartition mondiale réside dans le fait que l’équilibre
des puissances au sein de la sphère industrielle mondiale n’a
que très peu évolué en 25 ans d’intégration
mondiale.
Entre 1980 et 2000, la valeur ajoutée manufacturière
des pays en voie de développement a augmenté de plus
de 5%. Mais près de la totalité de cette augmentation
a été observée en Asie Orientale et les pays
riches représentent encore plus de 70% de la valeur ajoutée
manufacturière à l’échelle mondiale. Pendant
ce temps, la plupart des pays en Afrique subsaharienne, dépendent
d’une gamme de matières premières très
restreintes, et dont les prix au niveau mondial sont en net déclin.
Entre 1997 et 2001, l’indice des prix combiné pour toutes
les matières premières a chuté de 53% en termes
réels.
Commerce et développement humain
Aujourd’hui, la notion d’une ouverture au commerce par
nature bénéfique à la croissance et au développement
humain est soutenue par presque tout le monde. Appliquée comme
une politique, elle a créé une atmosphère commerciale
où l’on vante les mérites de la libéralisation
rapide des importations comme vecteur automatique d’une intégration
aux marchés mondiaux réussie. Le rapport Mondial montre
que les raisons d’appuyer de telles propositions sont peu convaincantes,
presque aussi peu que celles relatives au soutien de la politique
opposée, qui estime qu’une politique protectionniste
favorise la croissance.
L’enjeu du commerce devrait se résumer à tirer
profit des nouvelles possibilités qu’il offre, tout en
s’assurant que les bénéfices sont largement redistribués
et que les populations les plus vulnérables n’ont pas
à faire face à des coûts trop importants. Les
six éléments proposés par le Rapport Mondial
et qui seront énumérés ci-après comptent
parmi les conditions essentielles à respecter. Il s’agit
i) d’élaborer une politique industrielle et technologique
; ii) de gérer l’ouverture commerciale au niveau national
afin de s’assurer des bases de développement humain solide
et éviter les mauvaises expériences latino-américaines
; iii) de lutter contre les inégalités qui pourraient
résulter d’une concurrence plus importante ; iv) de réduire
la vulnérabilité pouvant entraîner d’importants
coûts de développement ; v) d’affronter «
la malédiction des ressources naturelles » pour éviter
que la mauvaise gestion des richesses pétrolières et
minérales générées par l’exportation
ne nuise à la croissance, à la démocratie et
au développement ; et en sixième lieu, vi) de prendre
en compte les coûts sociaux et environnementaux tels que les
risques d’épidémie hydrique pouvant résulter
de la production cotonnière, et une utilisation peu règlementée
de produits chimiques toxiques qui se répandent dans les fossés
d’irrigation utilisés pour l’approvisionnement
en eau.
TROISIEME AXE : LE CONFLIT VIOLENT
Ce dernier chapitre du Rapport Mondial 2005, se penche sur le défi
que pose le conflit violent au développement humain. Il aborde
certaines des faiblesses structurelles affectant les Etats qui sont
plus enclins aux conflits, de même qu’il s’interroge
sur ce que les pays riches peuvent faire pour améliorer la
sécurité humaine.
Il existe un lien relativement étroit entre faible développement
humain et conflit
violent. De fait, le conflit violent est une des routes les plus sûres
et les plus rapides vers le bas du classement selon l’IDH. Sur
les 32 pays classés dans la catégorie à faible
développement, 22 ont connu un conflit à un moment donné
depuis 1990 et 5 ont connu un renversement du développement
humain au cours de la dernière décennie.
Le conflit augmente la pauvreté, réduit la croissance,
mine les investissements et détruit l’infrastructure
dont dépend le progrès du bien être de l’humanité.
Il encourage des niveaux élevés de dépenses militaires,
détournant les ressources des investissements productifs. Le
conflit violent répand également la malnutrition et
les maladies infectieuses via la destruction des services de santé
et l’augmentation du nombre de réfugiés et de
personnes déplacées.
Les montants des coûts moyens d’un conflit sont très
importants et souvent, ils éclipsent les avantages des flux
d’aide. Les pertes cumulées augmentent à mesure
que le conflit s’éternise. Selon le Rapport Mondial,
les pertes nettes de la production agricole, engendrées par
la violence armée en Afrique, sont estimées à
environ 25 milliards de dollars américains pour la période
entre 1970 et 1997, soient les trois quarts de l’aide fournie
au cours de la même période.
Le conflit violent donne lieu à des réactions en chaîne
qui perpétuent et étendent les pertes économiques.
Une économie tournant au ralenti et un environnement de sécurité
incertain représentent des facteurs dissuasifs pour les investissements,
tant nationaux qu’étrangers, et un puissant stimulant
pour la fuite des capitaux : des transferts de près de 20%
des richesses privées ont été enregistrés
dans certains pays menacés par des conflits.
Les ménages pauvres financent souvent les conflits qui menacent
leur propre sécurité. Tant les rebelles que les acteurs
étatiques se procurent des moyens financiers en pillant les
biens de personnes ordinaires ou en exploitant les ressources naturelles,
créant une économie de la guerre qui alimente le conflit.
Les conflits liés à d’importantes inégalités
horizontales ou fissures politiques entre des groupes et régions
peuvent être résolus. Une des approches consiste à
rétablir la confiance politique via un processus de dialogue
« multi- intervenants ».
Les Etats les plus enclins aux conflits, sont souvent désespérément
pauvres mais extrêmement riches en ressources. La susceptibilité
à un conflit violent semble être une caractéristique
de ce qui a été appelé la « malédiction
des ressources ». Les liens entre ressources et conflits violents
ne sont ni automatiques ni inéluctables. Le Botswana a transformé
sa richesse en diamants en croissance élevée et en développement
humain rapide, tout en évitant le conflit basé sur le
partage de revenus. Cependant, cet exemple constitue davantage l’exception
que la règle pour la plupart des pays en développement.
La lenteur des déboursements de l’aide liée à
des situations de conflit violent peut également retarder la
reprise du secteur privé. C’est pourquoi, les conflits
violents dans les pays en développement requièrent une
attention particulière des pays riches. La responsabilité
morale de l’allègement de cette souffrance et l’intérêt
commun dans la sécurité collective sont les deux raisons
principales qui font que les pays riches doivent participer au développement
d’une stratégie de sécurité collective
pour tous. Les droits bafoués par les conflits sont des droits
de l’homme universels que la communauté internationale
dans son ensemble doit légalement et moralement soutenir.
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)
fournissent une autre bonne raison de mettre la sécurité
humaine des pays en développement au cœur de l’agenda
international. La prévention et la résolution des conflits,
ainsi que la capacité à saisir les opportunités
de reconstruction post-conflictuelle pourraient clairement accélérer
la réalisation des OMD.
Les pays riches ont une autre raison d’accorder la priorité
aux mesures destinées à résoudre le problème
des conflits violents dans les pays pauvres. Dans notre « monde
mondialisé », les conflits violents engendrent des problèmes
qui voyagent sans passeports et font fi des frontières nationales,
même lorsque ces frontières sont protégées
par les dispositifs les plus élaborés.
La sécurité collective relie la population des pays
riches directement aux communautés des pays pauvres dont les
vies sont dévastées par le conflit. Le trafic de drogue
international et les transferts d’armes illégales fournissent
le financement et les armes qui alimentent les conflits violents de
pays tels que l’Afghanistan et Haïti.
Lorsque des Etats déliquescents basculent dans un conflit violent,
ils fournissent un habitat naturel aux groupes terroristes qui mettent
en péril la sécurité des populations des pays
riches, tout en perpétuant la violence dans les pays pauvres.
Mais surtout, lorsque les pays riches semblent tolérer la pauvreté
et les conflits violents en affichant une certaine indifférence,
ils détruisent tout espoir qu’un monde interconnecté
puisse améliorer le sort de tout un chacun, y compris des pauvres,
des vulnérables et des personnes vivant dans l’insécurité.
Monsieur le Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,
Comme ce résumé des messages centraux du rapport sur
le Développement Humain 2005 le démontre, le document
est riche en analyses, en données et en propositions de politiques,
en particulier dans les trois axes qu’il couvre, à savoir,
la coopération internationale, le commerce international, et
la résolution des conflits violents pour promouvoir le développement
humain et réaliser les OMDs.
Je termine donc mes propos en souhaitant que ce rapport tienne une
place de choix parmi les outils de suivi de la progression vers les
OMD, et dans les débats portant sur les contraintes en la matière
en République Centrafricaine.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Dernière
mise à jour : 15 novembre 2005
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