République Centrafricaine

DISCOURS DU MINISTRE DE L’ECONOMIE,
DU PLAN ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE
Sylvain MALIKO

  Lancement du RMDH 2005


DISCOURS DU MINISTRE DE L’ECONOMIE,
DU PLAN ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE
Sylvain MALIKO




Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Monsieur le Représentant Résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Coordonnateur du Système des Nations Unies,
Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales,
Distingués Invités,
Mesdames et Messieurs,

Il y a de cela un an, nous procédions au lancement du Rapport Mondial sur le Développement Humain qui mettait l’accent sur un bien collectif, voire mondial qui est « La Liberté Culturelle dans un Monde Diversifié ».

Aujourd’hui, nous voici à nouveau autour d’un autre thème et non des moindres, à savoir « La Coopération Internationale à la croisée des chemins : l’Aide, le Commerce et la Sécurité dans un monde marqué par les inégalités ».


Ce thème, faut-il le rappeler, est au cœur des préoccupations du Gouvernement centrafricain que dirige Son Excellence Monsieur Elie DOTE, Premier Ministre, sous la haute impulsion de Son Excellence le Général d’Armée François BOZIZE YANGOUVONDA, Président de la République, Chef de l’Etat.


La République Centrafricaine, à l’instar des autres pays les moins avancés (PMA), 171ème sur l’échelle de l’indice du développement humain (IDH) sur 177 nations, est caractérisée par un tableau sombre en matière de développement, avec des indicateurs alarmants qui traduisent l’état de pauvreté, pour ne pas dire de dénuement de ses populations.

Pour rappel, dans le domaine de la santé, le Gouvernement à travers le Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté en cours de réalisation, prévoit qu’en 2008, 72 % des populations aient accès aux services de santé contre 62,5 % en 2000 ; 22 % aux soins de qualité contre 11,8 % en 2000, et une réduction des taux de mortalité infanto-juvénile et maternelle, respectivement de 220 ‰ à 147 ‰ et de 1.355 à 1.016 pour 100.000 naissances vivantes.

Quant au VIH/SIDA, dont le taux de prévalence est estimé à 15 % selon le Comité National de Lutte contre le SIDA, sa propagation doit être stoppée

Dans le domaine de l’Education, on constate :

     Une grande disparité entre genre dans la scolarisation avec 64,88 % de garçons pour 33,12 % de filles : l’indice d’équité étant de 0,67, inférieur à la moyenne des pays au Sud du Sahara qui, elle, se situe à 0,9.
    De graves problèmes de déperdition : par exemple au Fondamental 1, le « taux de survie » en 6ème année du primaire est de 49 % ; le taux d’abandon reste élevé dans l’ensemble du système.

Dans le domaine de l’égalité des sexes, le souci de réduire les discriminations envers les femmes, et de lutter contre les violences sous toutes leurs formes s’est traduit, depuis l’indépendance, par l’adoption et la ratification de nombreux dispositifs et instruments juridiques.

Parmi ceux-ci, on peut citer : (i) Le Décret n°93/3459 du 29 octobre 1994, portant création d’un Ministère de la Promotion de la femme et de l’action sociale avec pour mission de prendre des mesures visant la revalorisation du rôle et du statut de la femme ; (ii) Le Code de la famille adopté le 13 novembre 1997 accordant à la femme toute son indépendance dans une vie de couple (possibilité d’ouvrir un compte en banque, partage de l’autorité parentale entre la femme et l’homme, etc.) ; (iii) La loi 97/044 du 10 décembre 1997 portant orientation de l’éducation qui accorde des avantages à la scolarisation de la jeune fille, etc.

Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques, Représentants des Organisations Internationales, et Partenaires au Développement,


La République Centrafricaine, en dépit des crises récurrentes dont les conséquences sont connues, a fourni des efforts exceptionnels sur de nombreux plans. Elle a tenu ses engagements en rétablissant une vie constitutionnelle normale.

Mais les besoins de cette jeune démocratie sont énormes et l’appui de la Communauté internationale est hautement attendu, surtout qu’elle doit rattraper le temps perdu et redoubler d’efforts en vue de l’atteinte des Objectifs du Millénaire.

S’agissant de l’Aide Publique au Développement


La question est revenue avec force sur la scène internationale depuis le Sommet du Millénaire pour le Développement. Des initiatives aussi impressionnantes les unes que les autres se sont succédées. L’année 2005 a été particulièrement riche en réunions et événements marquants sur la question de l’aide au développement.

Outre le sommet du G8, organisé par le Royaume Uni sur l’accroissement des flux d’aide publique allant au monde en développement et la Conférence en septembre sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement à New York, cette même année a également été celle de la quatorzième reconstitution des ressources de l’Agence Internationale de Développement (IDA).

La République Centrafricaine, consciente des efforts consentis par les partenaires au développement, demeure malgré tout faiblement pourvue en ressources nécessaires pour l’accompagner dans ses efforts dans la lutte contre la pauvreté.

Sur la Sécurité


Il n’est point de doute que l’un des piliers du développement est la paix et la sécurité. Si la culture est un bien collectif, la sécurité l’est également.

Mesdames et Messieurs,

Nous le savons tous, l’insécurité compromet toutes initiatives économiques sur le plan national et a souvent tendance à s’étendre au-delà des frontières nationales, ce qui est déstabilisant pour le développement.

En effet, les conflits violents détruisent les structures de production occasionnant ainsi la diminution de la richesse nationale, des pertes d’emplois, l’affaiblissement des moyens de l’Etat et la détérioration des conditions de vie de la population.

A ce propos, c’est ici le lieu de saluer l’appui que tous nos partenaires apportent directement ou indirectement à notre pays dans le domaine du désarmement et de la reconversion des Ex combattants.

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Monsieur le Représentant Résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Coordonnateur du Système des Nations Unies,
Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales,
Chers Partenaires au Développement,
Distingués Invités,
Mesdames, Messieurs,

Pour finir, j’aimerai saisir une fois de plus cette occasion pour exprimer la gratitude sincère du Peuple centrafricain à l’ensemble de la Communauté internationale, et tout particulièrement au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), pour l’assistance multiforme et constante qu’elle apporte à notre pays, fermement engagé dans la promotion du développement humain.


Notre souhait, au regard de l’ampleur des défis devant nous au cours de ces prochaines années, est de voir la Communauté internationale aligner le niveau de ses interventions sur nos besoins fondamentaux de développement.

Le peuple centrafricain aspire durablement à un véritablement épanouissement.

Vive la Coopération Internationale !

JE VOUS REMERCIE

Dernière mise à jour : 15 novembre 2005
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