Policy
(lutte contre la pauvreté)
La République Centrafricaine sort d’une longue période
de conflit armé qui a ruiné son économie et fragilisé
sa cohésion sociale. En effet, dix ans de crises socio-économiques
et politico-militaires ont réduit le potentiel économique
du pays et contribué à l’aggravation de la pauvreté.
L’enquête ECVR/ECVU (Enquête sur les conditions
de vie des ménages en milieu rural et urbain) réalisée
par le PNUD en 2003, a confirmé cette tendance. Elle souligne
qu’environ 71,3 % des Centrafricains (le Recensement Général
de la Population et de l’Habitat 2003 a dénombré
3,9 millions d’habitants) vivent en dessous du seuil de pauvreté
contre 63 % il y a dix ans (Enquête prioritaire ECAM 92/93).Face
à cette situation marquée d’une part, par la paupérisation
d’une grande partie de la population et d’autre part,
par le retrait de l’appui des principaux partenaires du pays,
le PNUD, conformément à son mandat, a décidé
d’appuyer le Gouvernement dans l’élaboration d’un
Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
(DSRP). L’approche adoptée pour la réalisation
de ce DSRP est participative et prend en compte l’ensemble des
acteurs de la vie économique et sociale du pays, tant au niveau
central qu’au niveau décentralisé.
Les étapes franchies
L’appui du PNUD au processus d’élaboration du DSRP
date de 2003 avec la suspension du crédit de la Banque Mondiale,
principale source de financement identifiée pour la conduite
du processus en janvier 2002. Le concours du PNUD a revêtu plusieurs
formes et s’étale sur la période allant de juillet
2003 à ce jour :
La redynamisation du processus DSRP
L’appui du PNUD à la redynamisation du processus du DSRP
a démarré suite au ralentissement des activités
dû aux événements d’octobre 2002 et de mars
2003, qui ont ébranlé le pays et ont porté un
coup d’arrêt aux programmes économiques et de coopération
avec les principaux partenaires du pays. Cet appui technique, matériel
et financier a permis de relancer le processus et de garder mobilisés
les différents partenaires pour développer des stratégies
et des capacités de réponses appropriées en vue
de faire face à la pauvreté galopante dans le pays.
Restructuration du cadre institutionnel
L’appui du PNUD a porté sur l’établissement
d’un diagnostic du mécanisme de fonctionnement du processus
du DSRP. Ce diagnostic a révélé que les services
ministériels sont peu impliqués dans le processus et
l’approche participative reste très limitée. Les
propositions ont débouché sur la mise en place, en mars
2004, d’un cadre nouveau institutionnel qui permet une meilleure
implication des principaux décideurs et des partenaires. Ce
cadre institutionnel s’appuie essentiellement sur des personnes
ressources motivées et capables d’influencer les décisions
et les orientations stratégiques dans les différents
départements techniques. Le choix de ces personnes ressources
répond au souci d’impliquer les cabinets ministériels
et les institutions les plus représentatives du pays dans le
processus du DSRP.
Le Diagnostic de la pauvreté
La plupart des données qui existent sur la pauvreté
sont caduques et peu fiables en raison des crises socio-politiques
qui ont secoué le pays ces dernières années et
qui ont remis en cause certains acquis sociaux. Le diagnostic et les
profils de pauvreté antérieurs à ces crises ne
reflètent pas la réalité du moment et comportent
des biais susceptibles de remettre en cause les stratégies
qui seront retenues. C’est ainsi que le PNUD a apporté
un appui matériel et technique pour la réalisation en
2003 d’une enquête sur les conditions de vie des ménages
en milieu rural et urbain. Les résultats de cette enquête
ont permis l’identification et la maîtrise des principales
caractéristiques de la pauvreté et la définition
des profils urbains et ruraux de la pauvreté dans le pays.
Ils ont servi aussi à compléter et renforcer l’analyse
des déterminants de la pauvreté dans le document du
DSRP
Le renforcement de capacité
L’examen des plans d’action sectoriels élaborés
par les différents consultants nationaux recrutés à
cet effet en 2003, a révélé que même si
les diagnostics s’avèrent corrects, les plans d’action
proprement dits ne répondent pas aux critères d’opérationnalité
souhaitables. Les liens sont généralement formels entre
les objectifs sectoriels et la réduction de la pauvreté,
les mesures-clés sont insuffisamment mises en évidence.
On note généralement une absence de hiérarchisation
des actions, des réponses programmatiques limitées à
des catalogues de projets, des indicateurs trop nombreux (par exemple,
le « PAS » sur l’agriculture de rente compte pas
moins de 40 indicateurs) et/ou non chiffrés. Pour pallier ces
insuffisances, un important programme de formation a été
mis en place pour permettre à la partie nationale d’être
plus à l’aise dans la gestion des concepts et outils
utilisés pour la programmation et le suivi du DSRP.
Ainsi, sur le plan local des séances et ateliers de formation
techniques ont été organisés en faveur des cadres
nationaux sur :
-Les méthodologies de choix des indicateurs de suivi du DSRP
;
-Les techniques de rédaction d’un profil de pauvreté
;
-La compréhension du phénomène de pauvreté
;
-Le contenu et les techniques de rédaction des plans sectoriels
et d’un document DSRP.
Sur le plan
régional, l’équipe technique du DSRP, associée
aux cadres nationaux, a participé aux séances de formation
sur les mécanismes de suivi et évaluation du DSRP/OMD
et sur les stratégies de croissance lors des ateliers techniques
organisés avec l’appui du PNUD et d’Afristat à
Bamako et à Kigali.
Ces programmes de formation étalés dans le temps, ont
permis à la partie nationale d’acquérir les outils
nécessaires à l’analyse du phénomène
de la pauvreté, aux propositions de stratégies appropriées
et à l’élaboration d’un mécanisme
de suivi et évaluation.
La participation
Le nouveau cadre institutionnel a permis d’élargir les
membres du comité de pilotage et des groupes de travail aux
représentants de la société civile et du secteur
privé. Outre les nombreuses réunions des groupes de
travail qui ont permis d’affiner les stratégies sectorielles,
des ateliers régionaux ont été organisés
à Berberati et Bambari pour recueillir l’avis des populations
de l’intérieur du pays. Ces ateliers, qui ont regroupé
les représentants des administrations locales, de la société
civile, des organisations paysannes et du secteur privé des
préfectures de la Mambéré Kadeï, de la Sangha
Mbaéré et de la Nana Mambéré à
Berbérati, de la Ouaka, de la Kémo, de la Haute Kotto,
de la Basse Kotto et du Mbomou à Bambari, ont permis de prendre
en compte les spécificités régionales et de mobiliser
les populations rurales autour des questions de pauvreté. Un
prochain atelier est prévu à Bossangoa pour prendre
en compte l’avis des populations de l’Ouham, de l’Ouham
Pendé, du Bamingui Bangoran, de la Nana Grebizi et de la Vakaga.
Le contenu :
Les différents ateliers, rencontres régionales et réunions
des groupes de travail, ont permis de renforcer les analyses et d’améliorer
les stratégies sectorielles. Le contenu de chaque document
sectoriel présente, outre le diagnostic et l’analyse
de la situation :
- La vision du secteur à l’horizon 2015 ;
- l’objectif du secteur pour le DSRP ;
- les axes stratégiques ;
- les mesures et activités programmées ;
- la matrice du cadre logique ;
- la matrice des actions opérationnelles ;
- la matrice programmatique des coûts.
Pour chaque document de stratégie sectorielle, il est prévu
un mécanisme et des indicateurs de suivi et évaluation
qui s’intègrent dans le mécanisme global de suivi
du DSRP.
La démarche
La démarche adoptée pour l’élaboration
du DSRP est participative et progressive avec un accent particulier
sur le renforcement des capacités des cadres nationaux. Le
processus a été long mais nécessaire car il a
permis l’internalisation du processus par la partie nationale
qui se trouve finalement à la base de la confection des stratégies.
Les membres des groupes de travail et les cadres nationaux impliqués
dans le processus sont à même aujourd’hui de conduire
le processus et de mettre en œuvre les différents programmes
retenus.
Le draft 00 du DSRP
Le draft 00 du DSRP a été élaboré et a
permis d’organiser en juillet 2005 un atelier gouvernemental
à l’intention des membres du Gouvernement. Les résultats
de cet atelier ont été à la base de la déclaration
de la politique générale du Gouvernement présentée
à l’Assemblée Nationale en août 2005.
Les prochaines érapes
L’étape suivante sera de consolider
le draft 00 du DSRP de manière à disposer d’un
draft 1 du DSRP, qui fera l’objet d’une vaste consultation
au niveau national. Ainsi, des ateliers d’échanges seront
organisés avec les parlementaires, la société
civile, le secteur privé et les populations des régions
Nord du pays pour recueillir les derniers avis sur le draft du document,
et surtout affiner et consolider les programmations financières.
Une fois le document finalisé, une table ronde sera organisée
sous l’égide du PNUD pour présenter les choix
stratégiques du pays en matière de lutte contre la pauvreté.
Contacts :
Facilitateur :Youssoufa
SILLA, Chargé de Programme
Dernière date de mise à jour 02 février 2006