Initiatives spéciales
Recherche |
Nos dernières nouvellesPrévention des crises et relèvement Réinsertion des ex-combattants, une participation au développement de la Centrafrique Clôturé le 28 février 2007, le Projet de Réinsertion des ex-combattants et d’Appui aux Communautés ( PRAC) visait les membres de factions impliquées dans les conflits armés en Centrafrique de 1996 à 2003, et leurs communautés d’origine ou de réinstallation. Ces hommes et femmes ont pu être réinsérés dans la vie active. Plus d’un mois après la fermeture du projet, Noëlla, Ernest, Chérubin et Dieubéni, ex-combattants, ont accepté de parler de leur expérience. Noëlla et Ernest, un couple qui va de l’avant
Démobilisés en juin 2005, ils ont mis en commun tous leurs atouts pour avancer dans leur nouvelle vie. Devenus chrétiens, ils considèrent la Bible comme un guide pour leur vie. En choisissant le commerce comme option de réinsertion, ils ont mis en commun l’enveloppe individuelle de 225.000 FCFA remise par le PRAC pour ouvrir un restaurant en janvier 2006, à 37 kilomètres de la capitale (PK 37). Le 16 novembre 2006, grâce aux bénéfices tirés de la gestion du restaurant, ils ont ouvert dans un quartier de la capitale, Boyrabe, un salon de coiffure qu’ils ont appelé « Sharonne-Coiffure », du nom de leur plus jeune fille. Ernest, maçon de formation, a lui-même construit le bâtiment qui leur sert de restaurant, pour une valeur de 1.800.000 FCFA, sur un terrain qu’ils louent. Puis en février 2007, ils ont augmenté leurs investissements en acquérant une voiture qu’ils ont transformée en taxi pour le transport en commun en dehors de la ville. Pour créer une culture d’entreprenariat, renforcer et pérenniser les activités des ex-combattants, le PNUD a promu la microfinance à travers le projet d’appui au secteur de la microfinance. Grâce aux caisses d’épargne et de crédit appuyées par le projet, les ex-combattants ont la possibilité de sécuriser leur épargne et d’obtenir des crédits. Noëlla et Ernest, devenus des employeurs avec leurs trois activités génératrices de revenus (un chauffeur et deux apprentis pour le taxi, deux employés pour le restaurant, trois coiffeurs et un gardien pour le salon de coiffure), ils ont ouvert un compte dans une caisse d’épargne et de crédit où ils versent environ 50.000 FCFA toutes les semaines. Interrogé sur leurs projets, Ernest explique qu’ils envisagent d’acheter un terrain pour y construire une maison, puis commencer l’élevage de porcs, ouvrir un dépôt de bois et un cyber café. Mais avant cela, il aimerait voir son épouse suivre une formation en comptabilité, formation qu’ils avaient refusé de suivre en démarrant leur activité, afin d’éviter que les 30.000 FCFA correspondant au coût de la formation ne soient retirés de l’enveloppe globale remise par le projet. Ernest et Noëlla comprennent aujourd’hui qu’il leur manque les bases en gestion-comptabilité pour pouvoir développer et gérer des affaires plus importantes. « Nous voulons qu’il y ait de plus en plus de projets de ce type pour que ceux qui chôment se mettent au travail, au lieu de faire du banditisme dans les rues ! », s’exclame Noëlla. Et pour leurs cinq enfants, ils souhaitent le meilleur : Un Docteur, un Magistrat et un Expert en Finances pour les garçons ; Une Doctoresse et une servante de Dieu chez les filles… Chérubin, pour une planification réaliste
Pragmatique et réaliste, Chérubin explique comment il est passé de 100 poussins à 200 après une première vente pour une valeur de 266.000 FCFA (2.800 FCFA par poulet, avec une perte de 5 poulets). Avec les bénéfices, il a acheté des vaccins, du maïs (auprès d’ex-combattants reconvertis dans l’agriculture), de l’arachide, un produit enrichissant et 10 poulets fermiers. En 4 mois, il a obtenu 50 poulets fermiers. Parallèlement à cet élevage, Chérubin continue l’activité qu’il menait avant le PRAC, la culture de 2 hectares de manioc et 2 hectares de bananes et tarots. Formé en élevage au sein d’une structure d’encadrement recommandée par le PRAC, Chérubin a par la suite approfondi ses connaissances en finançant lui-même une deuxième formation en élevage porcin. Aujourd’hui, il peut à son tour former les autres, voire vendre ses services aux structures locales de formation. C’est ainsi qu’il a été contacté par la Croix Rouge Centrafricaine pour former ses volontaires à l’élevage de poulets. Alors qu’en août 2006 Chérubin déclarait à l’équipe de suivi du PRAC qu’il passerait à 400 poulets en janvier 2007, d’autres paramètres qu’il n’avait pas envisagés sont venus bouleverser ses prévisions : Entre février et mars, il fait tellement chaud que les pertes en poulets sont plus importantes. Sur sa 3 ème commande de poussins, il a réussi à vendre 350 poulets en janvier. En revanche, en février, il n’a commandé que 200 poussins en prévision d’éventuelles pertes et pour anticiper sur une demande moins forte. Chérubin explique : « Avant, je pouvais vendre 30 à 40 poulets à un même client. Maintenant, les clients ne prennent pas plus de 2 à 3 poulets. » Pour avoir plus d’autonomie, il a acheté un terrain pour y construire sa maison. « L’élevage de poulets, c’est ma vie maintenant », poursuit Chérubin. Plus prudent, il prévoit d’atteindre les 450 poulets en janvier 2008, et 800 à 1.000 poulets en 2009, en tenant compte de la conjoncture actuelle et des risques de perte saisonniers. Une organisation professionnelle pour un avenir plus sûr Président de l’Association de Développement Agro Pastoral mise en place par des ex-combattants et dont le siège se trouve à Boyrabe, Dieubéni, 34 ans, a choisi de se réinsérer dans l’élevage de porcs en mai 2006. Pour maximiser les chances de pérennisation de son activité, il s’est associé avec 20 autres ex-combattants afin de créer ce groupement qui se veut être une organisation Autre avantage de ce groupement, l’achat en commun des produits vétérinaires et aliments. En faisant visiter la porcherie de l’un des membres du groupement à l’équipe du PRAC venue suivre son activité, Dieubéni raconte comment un porcelet a trépassé faute de vaccin au Fercobsang vendu à 4.500 FCFA. Le Fercobsang, du fer, aurait dû être injecté au porcelet dès sa naissance, mais à cause de difficultés de trésorerie, son collègue n’a pas pu respecter cette règle d’or dans l’élevage de porcs : L’injection de produits vétérinaires pour fortifier les animaux et les aider à lutter contre les germes qui les attaquent. Les membres du groupement ambitionnent d’élever leurs animaux à 15 kilomètres de la capitale et passer à la culture de poulets. En attendant de pouvoir obtenir un crédit dans une caisse d’épargne et de crédit pour financer ce projet, Dieubéni et ses collègues ont commencé à verser une cotisation mensuelle qui leur permettra d’acheter des médicaments et de la nourriture pour leurs animaux. Le Projet de Réinsertion des ex-combattants et d’Appui aux Communautés a contribué à la démobilisation et réinsertion de 7.556 ex-combattants (petit commerce, élevage, agriculture, pêche, formation technique et professionnelle, formation scolaire et universitaire), et la réhabilitation de 40 infrastructures socio-économiques (centres de santé, écoles, marchés, ponts, fontaines, etc.) au profit des communautés des anciennes zones de conflits. Les communautés d’origine ou de réinstallation des ex-combattants ( Bangui, Ouham-Pendé, Ouham, Nana-Grébizi et Kémo, soient plus de 1.100.000 personnes) ont assisté à l’exécution de ces micro réalisations communautaires dont elles peuvent aujourd’hui bénéficier. La clôture du PRAC ne s’est pas faite sans la prise en compte d’autres dimensions de la sécurité et du développement local dans les zones cibles : Le volet « Appui aux communautés » du PRAC a ainsi été transféré au nouveau Projet de Sécurité Pour le Développement ( PSPD) qui ambitionne d’accompagner le relèvement des communautés meurtries, le Programme d’Appui à la Sécurité Juridique pour le développement, au système judiciaire et aux droits humains ( PRASEJ) vise à établir une justice de proximité, et enfin le projet de lutte contre la prolifération des Armes Légères et de Petit Calibre appuie directement le renforcement de la sécurité. Contact : fabrice.boussalem@undp.org |
Trouvez de l'EmploiFocus sur les armes légères
Fresque murale, 1 er arrondissement de Bangui – 1 er prix
Le débat sur les armes légères, la sécurité humaine et le développement en Centrafrique a fait couler beaucoup d’encre mais a également révélé la créativité des Centrafricains, qu’ils soient maires, députés, journalistes, jeunes ou citoyens tout simplement. |
|
|