République Centrafricaine

Le Rapport Mondial sur le Développement Humain 2005

La Ministre de la Santé, aux côtés du Ministre de l’Education et du Président du Haut Conseil de la Communication
Le Représentant du PNUD et le Ministre de l’Economie
« Sans une augmentation soutenue de l’aide, les OMD ne seront pas atteints ». Cependant, « l’augmentation de l’aide ne garantit pas le développement »
Toutes les couches de la société représentées
Représentants des missions diplomatiques et organisations internationales
Des indicateurs alarmants mais des efforts exceptionnels
Intervention de la Ministre de la Santé

RCA classée 171ème avec un IDH de 0,355

Démonstration du calcul l’indice de développement humain par M. Aho

Journaliste de la Radio ESCA

Membre du réseau des journalistescentrafricains pour le développement humain
Lancement du RMDH 2005


Rapport Mondial sur le Développement Humain 2005 : La RCA occupe la 171ème place sur 177 pays classés


La Coopération Internationale est au « cœur des préoccupations du gouvernement centrafricain ». C’est ce qu’a souligné le Ministre du Plan, de l’Economie et de la Coopération Internationale, M. Sylvain Maliko, lors du lancement du 16ème Rapport Mondial sur le Développement Humain à Bangui, le 31 octobre.

Devant les Ministres de la Santé et de l’Education Nationale, les représentants des missions diplomatiques et des organisations internationales, du Système des Nations Unies, des départements ministériels, de la société civile, des partis politiques, des mouvements de jeunesse et de la presse nationale, privée et internationale, M. Sylvain Maliko et M. Stan Nkwain, Représentant Résident du PNUD, ont fait découvrir l’édition de 2005 sur le thème « La Coopération Internationale à la croisée des chemins : L’aide, le commerce et la sécurité dans un monde marqué par les inégalités. »

D’entrée de jeu, M. Nkwain a rappelé que le Rapport Mondial sur le Développement Humain constitue « l’un des principaux outils de plaidoyer du PNUD en faveur de l’éradication de la pauvreté dans le monde. » Au fil des ans, les rapports retracent l’évolution de l’indicateur du développement humain, présentent un état des lieux de la progression vers les OMD et analysent les perspectives de développement pour les pays. Cette année, la République Centrafricaine occupe la 171ème place sur les 177 pays classés et se retrouve parmi les 18 pays les plus pauvres du monde ayant régressé par rapport aux indicateurs de développement humain depuis 1990. D’où l’importance d’accroître le niveau de l’aide au développement, de réformer les règles de fonctionnement du commerce international et d’apporter un appui spécifique aux pays en conflits et pour les questions de sécurité à l’échelle mondiale.

Le Représentant s’est attardé sur les principaux messages du Rapport, notamment sur l’aide internationale qu’il a qualifiée d’une des « armes les plus puissantes dans la lutte contre la pauvreté. » Pour permettre aux pays en développement de tendre vers les OMD, les pays donateurs devraient accroître le niveau de leur aide. Cependant, a-t-il insisté, « l’augmentation de l’aide ne garantit pas le développement.»

Le commerce international en faveur du développement humain est un deuxième message du rapport. Les exportations assurent un revenu certain aux pays et constituent « un moyen de financer les importations des nouvelles technologies nécessaires à la création de croissance, de productivité et d’emploi, et à l’amélioration des niveaux de vies et au maintien de la compétitivité au sein des marchés mondiaux. »

Enfin, le Rapport analyse le lien entre les conflits violents et le développement humain. S’appuyant sur le Rapport, le Représentant a relevé que « sur les 32 pays classés dans la catégorie à faible développement, 22 ont connu un conflit à un moment donné depuis 1990 et 5 ont connu un renversement du développement humain au cours de la dernière décennie. » La sécurité est l’affaire de tous. Elle est collective car « les conflits violents engendrent des problèmes qui voyagent sans passeports et font fi des frontières nationales, même lorsque ces frontières sont protégées par les dispositifs les plus élaborés. »

Prenant à son tour la parole, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale a ramené le Rapport à une dimension nationale, évoquant des « indicateurs alarmants qui traduisent l’état de pauvreté, pour ne pas dire de dénuement des populations » centrafricaines. Il en a profité pour annoncer quelques-uns des nombreux défis à relever par la RCA et contenus dans le Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté, en cours d’élaboration. Ainsi en 2008, il faudrait que 72 % des populations aient accès aux services de santé contre 62,5 % en 2000, que 22 % aient accès aux soins de qualité contre 11,8 % en 2000 et que soit enregistrée une réduction des taux de mortalité infanto juvénile et maternelle, respectivement de 220 ‰ à 147 ‰ et de 1.355 à 1.016 décès pour 100.000 naissances vivantes. La propagation du SIDA devra être stoppée, sachant que le taux de prévalence actuel est estimé à 15 %.

Tenant à relativiser le tableau sombre des indicateurs du pays, le Ministre a estimé que la RCA « a fourni des efforts exceptionnels sur de nombreux plans. Elle a tenu ses engagements en rétablissant une vie constitutionnelle normale. » Aujourd’hui, l’heure est au renforcement de cette jeune démocratie.

Pourquoi l’aide internationale favorise-t-elle davantage les pays anglophones au détriment des francophones ? Pourquoi le Système des Nations Unies en Centrafrique n’interviendrait-il pas en amont ? L’aide internationale est-elle la seule voie du développement ? Les échanges qui ont succédé aux présentations du Représentant du PNUD et du Ministre de l’Economie ont amené l’audience à s’interroger sur les thématiques que sont l’aide, le commerce et la sécurité dans la coopération internationale. Pour certains, l’année 2005 doit être en RCA le point de départ pour décoller et se rapprocher des OMD. Pour d’autres, l’aide internationale ne devrait pas être une solution durable, car « le développement commence par nous-même. » L’aide ne devrait pas être la solution magique aux problèmes du pays qui sont beaucoup plus graves qu’on ne le dit.

Les journalistes, invités à relayer les messages contenus dans le Rapport, ont suivi une formation de deux jours avec l’Economiste Principal du PNUD, M. Gilbert Aho, en prélude à ce lancement. Eux aussi se sont longuement interrogés sur la coopération internationale, tout en découvrant l’approche du PNUD sur le développement humain. Une approche basée sur l’individu et qui concerne à la fois les pays pauvres et les pays riches.

Entre le « consensus de Washington », c’est-à-dire la politique du FMI et de la Banque Mondiale qui accorde une place importante à la croissance économique, et le « consensus de New York » ou le développement humain, les journalistes ont pesé le pour et le contre des deux approches. Ils se sont surtout intéressés à la situation de la RCA en matière de dette publique, en particulier l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) qui permettra au pays un allègement de sa dette. L’Economiste Principal a donné des précisions sur les négociations entre le gouvernement et le FMI qui suit des procédures très strictes et rigoureuses. Aujourd’hui, la RCA est dans une phase d’élaboration du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté, document de base des négociations avec le FMI et la Banque Mondiale, deux institutions considérées comme incontournables par les pays donateurs dans le cadre du processus PPTE. Mais le renforcement de la sécurité demeure une des conditions sine qua non à l’octroi d’une aide conséquente et au développement humain, comme l’a si bien souligné un des journalistes : « L’argent n’aime pas le bruit… »

Le lancement du 16ème Rapport Mondial sur le Développement Humain en RCA a été un rendez-vous politique, économique et social auxquelles ont pris par toutes les couches de la société centrafricaine. En somme, ce document est riche en analyses, en données et en propositions de politiques qui pourraient être utiles à tous les pays désireux de progresser vers les OMD, de s’élancer ou de demeurer dans la voie du développement humain. Le réseau des journalistes centrafricain pour le développement humain, créé à l’issue de la dernière formation donnée par le PNUD, assure à la presse centrafricaine une place de choix dans la réflexion.

Documents utiles :


1-Discours
   Discours du Ministre de l’Economie, du Plan et de la
    Coopération Internationale

   Discours du Représentant Résident du PNUD

2-Autres Documents utiles (formation médias) :
               Rappel Concept DH
               Croissance économique et DH
               La Coopération internationale à la croisée des chemins
               Déterminants à long terme de la croissance économique
                en RCA

               Interprétation IDH

3- Le lancement dans la presse

Contacts :
gilbert.aho@undp.org
youssoufa.silla@undp.org
Pour le Webmaster cliquez ici

Dernière mise à jour : 15 novembre 2005
Websites des pays
Page d'accueil